Master Exposition

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Archives Sarkis 08/09
Journée d'étude
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Université Rennes 2 – Haute Bretagne,
Bâtiment A, Amphithéâtre A2
à partir de 13h30


De l’ekphrasis à l’interprétation, Sarkis ou une autre idée de

l’exposition

jeudi 26 mars 2009

 

Journée d’étude organisée par Elvan Zabunyan, David Perreau,
François Aubart et les étudiants du Master
(Roxane Ballanger, Elsa Beaudoin, Sandra Cernjul, Aurélie Denis,
Clarisse François, Florian Guillaume, Olivia Malheiro, Claire Migraine,
Cédric Moris Kelly, Chloé Orveau, Gael Salomon et Axelle Villin)
 
Département Histoire de l’art, équipe d’accueil «Histoire et critique des arts»,
axe de recherche Histoire, critique et théorie de l’art contemporain,
UFR Arts Lettres Communication, Université Rennes 2 – Haute Bretagne

 

 

Les journées d’étude et les conférences qui accompagnent habituellement les projets du Master professionnel « Métiers et arts de l’exposition » portent le plus souvent sur l’une des caractéristiques propres au travail de l’artiste exposé-e. Les problématiques relatives à une analyse historique ou esthétique de l’oeuvre suivent une direction thématique qui souligne la place occupée par celle-ci tant dans l’histoire de l’art que dans la théorie critique.
Il est, dès le début, apparu impossible de privilégier un thème unique pour qualifier ou définir la pratique artistique de Sarkis qui prend ses sources dans une multitude de références, renvoie à des périodes historiques qui font s’entrechoquer les styles, articule avec la même importance le cinéma, la musique, l’architecture, la peinture, s’approprie les cultures orientales, occidentales, africaines ou populaires. Concevant son travail comme une réponse politique à l’état du monde contemporain, refusant tout compromis institutionnel et s’adaptant à l’économie dont il dispose, Sarkis occupe une place atypique dans le champ de l’art contemporain depuis les années 1960 tout en s’inscrivant, par sa radicalité et son expérience, dans la continuité d’une pensée conceptuelle formée par le marxisme.
C’est dans le souci de créer un projet spécifique pour l’université prenant en compte la densité intellectuelle et théorique de cette dernière qu’il a conçu, avec et pour les étudiants du Master professionnel, une exposition qui existe avant tout par leur parole. Cette ekphrasis qui donne son nom au projet est réactualisée au quotidien à la fois dans le contenu et dans la forme des descriptions orales, faisant du concept même de l’exposition un objet volontairement insaisissable et inédit qui renverse tous les critères de pérennité de l’histoire de l’art.
La question de l’interprétation centrale au processus créatif de Sarkis est ici pour la première fois réalisée en direct permettant, tant aux étudiants dans l’action de l’ekphrasis qu’aux spectateurs, de se positionner face aux projets qui parcourent trente ans du travail de l’artiste. Cette même problématique de l’interprétation est aussi celle qui occupe l’esprit des historiens de l’art, philosophes et théoriciens du cinéma et des arts plastiques auxquels s’intéresse Sarkis. L’herméneutique devient un moyen d’affirmer une position sans cesse renouvelée au sein des différentes disciplines artistiques et scientifiques. Dans ce contexte, le choix des sujets qui seront discutés lors de cette journée d’étude sont des moments qui renvoient à des questions que Sarkis ne cesse de convoquer dans leur différence et leur complémentarité. La lecture de certains maîtres de la Renaissance et notamment la peinture du Tintoret qu’il a beaucoup regardé, la lecture d’Aby Warburg et le rôle de celui-ci dans la perception d’une mémoire tant individuelle que collective et enfin l’analyse d’une exposition réalisée par un cinéaste cher à Sarkis, en l’occurrence Jean-Luc Godard, composent quelques unes des ouvertures historiques, philosophiques et critiques qui seront proposées. La projection d’un film réalisé par l’artiste au musée de Darmstadt où se trouve la fameuse installation de Joseph Beuys, Block Beuys (1969), permettra de conclure les discussions qui auront été initiées.
 
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Université Rennes 2 – Haute Bretagne,
Bâtiment A, Amphithéâtre A2
à partir de 13h30


De l’ekphrasis à l’interprétation, Sarkis ou une

autre idée de l’exposition

jeudi 26 mars 2009

 

11h30 - 12h30
Visite de l’exposition ekphrasis, galerie Art & Essai, Université Rennes 2

13h30 - 13h45
Introduction : Elvan Zabunyan

13h45 - 14h30
Guillaume Cassegrain, « Politique de la forme. Tintoret et ses lectures. »

Une « dualité » a souvent été perçue par les polygraphes du Cinquecento comme par les historiens de l’art contemporain dans la peinture de Tintoret. Jeune peintre ambitieux, il aurait eu le souhait de concilier la manierà de Titien avec celle de Michel-Ange, de réconcilier l’inconciliable : le disegno avec le colorito. Tintoret montre également une grande diversité de styles, notamment au début de sa carrière, qui rend son catalogue hétérogène. Il peut aussi bien proposer des solutions plastiques originales, profondément éloignées de la tradition locale, que reprendre, sous formes de « pastiches », des formules archaïques. Cette dualité, que certains ont interprétée comme de la schizophrénie, a profondément structuré l’horizon d’attente des historiens. On la retrouve dans des textes de Riëgl ou Dvorák, qui avancent l’idée d’un Tintoret « idéaliste », comme dans les écrits de philosophes marxistes, qui voient en Tintoret un peintre « matérialiste » et un défenseur acharné d’une dialectique critique. Sartre, dans les nombreux textes qu’il consacra au peintre vénitien, parachève cette histoire qui nous montre que Tintoret est une « figure » théorique essentielle de l’histoire de l’art et, qu’à travers elle, on peut saisir certaines « dualités » idéologiques de la discipline.
Guillaume Cassegrain enseigne l’histoire de l’art moderne à l’Université Lyon 2. Il est spécialiste de la peinture vénitienne et publiera à la rentrée un livre sur Tintoret et un autre sur Michel-Ange.

14h30 - 15h15
Maël Renouard, « Aby Warburg : Image et mémoire »

Aby Warburg appelle Mnemosyne l’œuvre à laquelle il consacre les dernières années de sa vie, entre 1924 et 1929. Ultimement baptisée d’un nom mythologique, la mémoire dont il s’agit n’est sans doute pas une faculté familière ni utilitaire. Elle se loge au cœur de la pensée, comme il en va également chez Hegel, Bergson, Proust, Benjamin, d’autres encore, mais selon des modalités qui se différencient à chaque fois. Nous chercherons à marquer les traits propres à la figure que prend chez lui, sur le fond de ce contexte, le thème d’une mémoire essentielle, et en particulier le rôle que les images y tiennent.
Maël Renouard est ATER à l’ENS Paris (rue d’Ulm) et membre du Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (CIEPFC). Il prépare une thèse sur « Réminiscence et mélancolie » à Paris 1. Il est aussi traducteur ; il a notamment traduit La Guérison infinie, recueil qui relate l’internement psychiatrique de Warburg, avec des textes de Binswanger, Saxl, et Warburg lui-même (Paris, Rivages, 2007). Dernier ouvrage : Yves Bonnefoy, image et mélancolie, Paris, DOH, 2009 (à paraître en mars).

15h15-15h30

Pause

15h30 - 16h15
Anne Marquez, « Voyage(s) en utopie (2006), l’exposition de Jean-Luc Godard au Centre Pompidou »

Avec Voyage(s) en utopie, face visible et chaotique d’un long processus d’exposition contrarié, Jean-Luc Godard livre une « installation » hors-norme où se redéfinit avec force le cinéma au musée. À travers cette grande ruine, il convoque les concepts et les pratiques de l’art moderne sans jamais les nommer ; repris, contournés ou détournés, ils restent au service d’une création indissociable de sa pensée du cinéma. Il s’agira d’évaluer les rapports qu’entretient l’exposition godardienne avec les dispositifs de l’art moderne et contemporain, et d’en révéler les correspondances, volontaires ou non.
Il sera aussi question d’interroger plus spécifiquement le rapport de Godard à l’espace dans le passage conception (maquettes)/exposition (réalisation de Voyage(s) en utopie) ; analyser sa démarche en tant que cinéaste et en tant qu’ « artiste ».
Anne Marquez, diplômée de muséologie à l’École du Louvre, prépare actuellement une thèse sur les formes du cinéma hors du dispositif traditionnel de la salle à Paris 3 et vient de terminer un essai sur les projets d’expositions de Jean-Luc Godard au Centre Pompidou. Elle mène également une activité de commissariat d’exposition à la Cinémathèque française.

16h15 - 17h00
Discussion

17h00 - 17h45

Projection du film de Sarkis, Le silence Block Beuys & La visite, La conversation, L’attente, février 2002, (37’35’’).
Documentaire tourné pendant son exposition La visite. La conversation. L’attente, au Hessisches Landesmuseum, Darmstadt en 2002.

18h00 - 19h00
Visite de l’exposition d’après et après, École régionale des beaux-arts de Rennes